Forge et
Coutellerie
par Gérard HEUTTE Accueil
Index A..Z
Plan
A propos...
Contact
Liens
Bibliographie
Manifestations
Réalisations
Débutants
Pratique
Métallurgie
Atelier
Coutellerie
Forge
A vendre



L'atelier et les outils
Tout ce qu'il faut pour aborder sereinement les travaux du forgeron et du coutelier !

Ci-contre, les trois principaux outils du forgeron :
- Enclume
- Marteau
- Tenailles...
Il en existe bien d'autres mais moins indispensables !

Quand au coutelier la liste pourrait être longue. Mieux vaut avoir quelques outils de bonne qualité dont on se sert avec brio, qu'un tas de gadgets.

La Forge
Un foyer de forge est indispensable. La gamme de ce qui est utilisable est très large !
On distinguera les forges à gaz et les forges à charbon.

Les forges à gaz sont chères à l'achat mais pratiques et économiques à l'usage.Certains fabriquent leur propre forge à gaz, mais mieux vaut avoir de bonnes connaissances en brûleurs.L'avantage principal de la forge à gaz est sa rapidité de mise en oeuvre. Son inconvénient est de ne pas permettre les chauffes locales.

Les forges à charbon sont plus faciles à bricoler ! Il suffit d'une zone pour mettre le combustible et d'une ventilation arrivant par le dessous ou le coté. En revanche, elles sont plus longues à démarrer. Elles permettent des chauffes locales de pièces.
Parmi les possibilités, on trouvera :
- La
forge au sol . En général, il s'agit d'un un trou ou quelques briques disposées au sol.
- Le barbecue associé au sèche-cheveux. En général, le fond du barbecue finit par se désagréger sauf s'il est protégé (par de la Brasque par exemple)
- Montage d'un foyer dans une carcasse métallique. Voir un exemple avec la "forge en U"
L'enclume
Pour la mise en forme à chaud du métal un support est nécessaire. Plusieurs solutions sont possibles :

Enclume
L'enclume est une des solutions. La difficulté est de se la procurer. Neuves, elles sont hors de prix ! D'occasion, les prix sont en général assez élevés. On assiste à cette montée des prix depuis que des rigolos (pour rester polis) trouvent que les enclumes font de jolis supports à pots de fleurs ! Il faut en parler autour de soi, faire les journaux de petites annonces, aller voir les anciens artisans ou agriculteurs. Ci-contre, un petit modèle de 25 kg.
Tas
A défaut d'enclume, un tas peut convenir. Un tas est un bloc d'acier parallélépipédique. Au contraire de l'enclume, il ne dispose pas de bigorne. Ce point, bloquant pour le ferronier ne l'est pas pour le coutelier. Les quatre angles vifs sont bien pratiques pour forger les tranchants. Voici ce que peut donner un
tas correctement agencé

Rail de chemin de fer
Il est également possible d'utiliser un rail de chemin de fer aménagé. On pourra dégager une bigorne. Le dessus (généralement légèrement bombé) sera aplani pour faire la table. Il faudra percer quatre trous sur la base pour la fixation, ou utilser des sortes de cavaliers..

Pour travailler à l'aise, l'enclume sera fixée sur un
billot. Ce billot sera de préférence en bois tendre (sapin, tilleul, peuplier). La hauteur finale de la table de l'enclume se situera entre la taille et l'entrejambe selon l'utilisateur. Ci-contre un billot de 80 kg. Son poids élevé compensera en partie la légèreté de l'enclume (25 kg).

Si l'enclume "sonne", on pourra diminuer les vibrations par l'une des méthodes suivantes :
- Coller un gros aimant sous la bigorne.
- Placer l'enclume dans un cerclage rempli de sable au sommet du billot.
- Suspendre à la bigorne une courroie en cuir avec un gros poids.

Conjointement à l'enclume, un tranchet est bien pratique pour couper le métal à chaud. Il se positionne tranchant vers le haut sur l'enclume.
Les marteaux

Les marteaux sont les outils de base du forgeron. Pas la peine d'en avoir une collection ! Pour commencer, deux marteaux suffisent. Un gros marteau (1.5 à 2kg) sera utilisé pour les gros travaux d'étirement. Un marteau plus léger (700g à 1kg) permettra les finitions et le travail délicat.
Attention, pour ne pas marquer la surface du métal, il faut que la face plane soit légèrement bombée. De plus, tous les bords du marteau doivent être arrondis. Si nécessaire, les modifier à la disqueuse, puis les polir. La surface de frappe ne doit pas comporter de marques qui seraient imprimées dans le métal à chaque coup. Ci-Contre, la forme de la panne sur un marteau neuf et ce qu'elle doit devenir !

Voilà le résultat sur un marteau. La surface de frappe (et les bords) du marteau ont t retravaillés et polis (un grain de 240 est bien suffisant).
Les manches seront de préférence en cornouiller, robinier ou hêtre. Les entretenir à l'huile de lin (immersion ou badigeonnage).
Les tenailles
Les tenailles sont indispensables pour manipuler la pièce dans le foyer de forge. Il en existe de nombreux types. Le minimum absolu est une tenaille plate. Un bon forgeron est capable de se fabriquer ses tenailles. Veiller à la longueur des branches, qui doit être suffisante pour ne pas se brûler.
Voici une méthode de fabrication rapide de
tenailles. Accessoires de forge
A part ces outils fondamentaux, un certain nombre d'accessoires ou d'outils secondaires sont bien utiles pour la forge :
- Un bac à eau (pour asperger le foyer ou refroidir des pièces)
- Une raclette à charbon
Limes
Les limes sont indispensables. On les utilisera pour :
- La mise en forme des pièces. On choisira quelques limes bastardes ou moyennes. Un assortiment de quelques limes plates, demi-rondes et rondes permettra d'effectuer quasiment tous les travaux.
- Le guillochage . Il est préférable d'acheter un assortiment de limes aiguilles avec au minimum : Plate, carrée, triangulaire et ronde.

Quelques remarques sur les limes :
- Une bonne lime coûte assez cher. Compter au minimum une quinzaine d'euros pour une bastarde plate.
- La calamine est destructrice pour les limes. Blanchir la lame à la forge avant et/ou faire sauter la calamine à la disqueuse (maniée finement) et/ou immersion de la lame dans du vinaigre blanc pendant une demi-journée.
- Séparer les limes neuves (pour les travaux de qualité sur les lames), des vieilles (pour le "n'importe quoi").
- Pour les limes plates, veiller à ce qu'un des bords fins soit lisse, pour pouvoir limer dans un coin en attaquant un seul des cotés.
Abrasifs
Pour la finition, les abrasifs sont incontournables. Je ne parlerai pas ici du backstand qui est un excellent outil mais assez onéreux.
L'abrasion manuelle est plus "courante" chez les amateurs ! Les abrasifs en bande ou en feuilles se trouvent quasiment partout. Il est conseillé de les utiliser avec une
câle à poncer pour les surfaces planes ou légèrement bombées.
On pourra utiliser deux types de papier :
- Papier de carossier. Il s'utilise avec de l'eau. Il convient bien pour l'acier. On le trouve en grains 80, 120, 240, 400 et 600. Les grains plus fins ne sont pas très courants. On arrive cependant à trouver du 1000 dans les bons "bricobidules".
- Papier "standard". Il s'utilise à sec. Il convient bien pour le bois et le laiton. On le trouve aussi en différents grains. Pour le bois, un grain 600 donne déjà un bel aspect.
Pour les finitions "supérieures", on pourra essayer : le scotch-brit ou un chiffon avec des pâtes abrasives. Perceuse
Difficile de faire un couteau sans percer de trou. On choisira une perceuse sur colonne, avec son étau. C'est la garantie (relative ) de perçage orthogonaux aux surfaces ! Acheter des forets de bonne qualité. Il faut éviter les boîtes, attractives au niveau prix, mais pas toujours de bonne qualité. Préférer les achats à l'unité. Il faut un bon assortiment de 1 à 6mm. Etau
Choisir un bon étau de mécanicien et le fixer à un solide bâti. Prévoir des mordaches en métal tendre, plastique ou tôle sur laquelle on collera deux bandes de cuir. On évitera ainsi de marquer la lame en cours de travail. Limes à tester la dureté
Pour connaître la dureté de l'acier, il existe des machines spéciales mais qui sont hors de prix, à moins de tomber sur une bonne occasion. A défaut, on pourra utiliser un jeu de limes étalonnées au niveau dureté. On les utilise de la plus dure à la moins dure et on voit à quel moment elles "accrochent" sur le métal. On a ainsi une idée de la dureté dans une fourchette de quelques points HRC (2 ou 3 avec de l'expérience).
Attention, il ne s'agit pas de limer la lame, mais juste de voir si la lime glisse ou pas. Pas besoin de forcer !
Malheureusement, cet outil fort utile est aussi assez onéreux. Il faut compter environ 100 euros HT pour un jeu de 6 limes de 40 65HRC.
Accessoires de montage
Pour les montages des manches sur soie ou en plate-semelle, un certain nombre de petits ustensiles ou accessoires peuvent être bien utiles :
- Colle. J'ai un faible pour l'araldite bi-composant à prise lente. Evidemment, il faut patienter un peu, mais on a le temps de bien positionner les pièces, de les fixer, de nettoyer les bavures...
- Film ménager pour micro-onde. Ce film transparent sert à protéger la lame pendant le montage. On peut ainsi éviter des tâches de colles disgracieuses.
- Pinces ou serres-joints divers.

Serre-joint à serrage parallèle.
Cher mais efficace !

Pince ressort

Colle epoxy
Les bricoles qui servent toujours
Voilà quelques autres outils bien utiles :
- Scie à métaux.
- Pinces diverses.
- Un ensemble pour tracer : Pointeau, réglet, équerre, pointe à tracer.
- Pied à coulisse.
- Micromètre (voir ci-contre) ; Surtout utile pour la fabrication des couteaux pliants qui ne plaisantent pas avec le parallélisme. En général, le pied à coulisse est bien suffisant !